Meilleurs vœux de la Jamaïque – 1966

Meilleurs voeux de la Jamaïque

Octopussy and The Living Daylights (parfois juste intitulé Octopussy) est le second recueil de nouvelles écrites Ian Fleming. Il a été publié pour la première fois au Royaume-Uni, à titre posthume, le 23 juin 1966. Il s’agit du quatorzième et dernier titre de l’auteur à mettre en scène le personnage de James Bond.

Lors de sa publication originale le recueil ne comprenait que deux nouvelles, Octopussy et The Living Daylights (d’où le titre). Une troisième nouvelle, The Property of a Lady, a été ajoutée lors de la sortie du recueil en livre de poche en 1967. La nouvelle 007 in New York a ensuite été insérée au recueil en 2002.

Dans sa version complète, le recueil se compose donc des quatre nouvelles suivantes :

  • Meilleurs vœux de la Jamaïque (Octopussy)
  • Bons baisers de Berlin (The Living Daylights)
  • La Sphère d’émeraude (The Property of a Lady)
  • 007 à New York (007 in New York)

Il est à noter que la traduction française du recueil, paru sous le titre Meilleurs vœux de la Jamaïque, n’inclue pas 007 à New York.

Meilleurs vœux de la Jamaïque

Synopsis :

Le Major Dexter Smythe coule des jours heureux à la Jamaïque autour de ses poissons grâce à sa petite fortune. En effet, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a découvert dans les Alpes autrichiennes deux lingots d’or nazis qu’il s’est aussitôt approprié en laissant derrière lui le cadavre d’un guide de montagne, Hannes Oberhauser. Mais plusieurs années plus tard, son passé va le rattraper en la personne de James Bond, agent secret britannique et ancien élève d’Oberhauser…

James Bond dit d’un ton détaché :
— Le nom de Hannes Oberhauser vous dit-il quelque chose ?
Smythe fronça les sourcils en essayant de se rappeler.
— Non, je ne crois pas…
Il faisait vingt-sept degrés à l’ombre, mais il était glacé.
— Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. Le jour même où on vous a donné ces documents à examiner, vous avez demandé à l’Hôtel Tiefenbrunner, où vous logiez, qu’on vous indique le meilleur guide de montagne de Kitzbühel. On vous a recommandé Oberhauser. Le lendemain, vous avez demandé à votre CO une permission d’un jour. Elle vous a été accordée. Le lendemain matin, vous êtes allé au chalet d’Oberhauser, vous l’avez arrêté et vous l’avez emmené dans votre jeep. Vous vous rappelez, maintenant ?

Ian Fleming
Meilleurs vœux de la Jamaïque

Personnages principaux :

  • Dexter Smythe : militaire britannique ayant servi lors de la Seconde Guerre mondiale
  • James Bond
  • Hannes Oberhauser : guide de montagne autrichien

Anecdotes :

Cette nouvelle a été écrite début 1962 à Goldeneye. Avant d’être incluse dans le recueil, la nouvelle fut publiée pour la première fois sous forme de feuilleton du 4 au 8 octobre 1965 dans le Daily Express. Elle est aussi parue toujours, sous forme de feuilleton, dans les numéros mars et avril 1966 de Playboy.

Chris Blackwell, le fils de Blanche Blackwell, avait offert un coracle à Fleming nommé Octopussy. L’auteur réutilisera ce nom pour cette nouvelle. En parlant d’inspiration, il y a d’ailleurs beaucoup de Ian Fleming à travers le personnage de Dexter Smythe.

Fleming a aussi appris à skier dans le Tyrol, pendant les années ’30, alors qu’il étudiait chez Ernan Forbes Dennis et sa femme Phyllis Bottome.

Octopussy a été fidèlement adapté en comic strip du 12 septembre 1966 au 12 novembre 1966 dans le Daily Express par l’écrivain Jim Lawrence et l’illustrateur Yaroslav Horak. Parmi les ajout on notera un prologue où Bond rencontre la fille d’Oberhauser, Trudi, et enquête avec elle sur la mort de Hannes. Bond rencontre et affronte également Yat Foo et Kim Foo, les deux asiatique avec qui Smythe tire de l’argent de ses lingots d’or. Enfin, Smythe ne fait sa confession à Bond (et Trudi) qu’après avoir été empoissonné (en tentant d’échapper à 007) par le poisson qu’il voulait donner à Pussy. Mary Goodnight fait aussi une brève apparition.

La nouvelle Octopussy a été « adaptée » en film en 1983. Cependant le scénario du film n’a rien à voir avec l’œuvre original à l’exception d’un très court dialogue où il est révélé que le Major Dexter Smythe est le père d’Octopussy et qu’il volé de l’or (en Chine) en tuant son guide indigène (non nommé) avant de se suicider après que Bond l’ai retrouvé.

Pour 007 Spectre, les scénaristes du film utiliseront le personnage de Hannes Oberhauser pour créer Franz Oberhauser, son fils.

Bons baisers de Berlin

Synopsis :

272, agent britannique terré en Nouvelle-Zemble depuis la fin de la guerre, prévoit de revenir à l’Ouest avec des renseignements capitaux sur Berlin, les fusées et l’armement nucléaire de l’URSS. Il souhaite de passer par Berlin, mais malheureusement pour lui un agent double a mis au courant les Russes de l’affaire ; et le KGB charge son meilleur tireur, « la Gâchette », d’empêcher 272 de livrer ses renseignements. James Bond, en sa qualité d’agent double-0 autorisé à tuer, est donc envoyé par M à Berlin-Ouest pour éliminer ce tireur avant qu’il ne tue 272.

Personnages principaux :

  • James Bond
  • Captain Paul Sender : numéro deux de la station WB (pour West-Berlin) des services secrets britanniques, il épaule 007 dans sa mission.
  • 272 : agent britannique qui cherche à regagner le bloc de l’Ouest
  • « Trigger » (VO), « la Détente » (VF) : tireuse d’élite du KGB, connue seulement par son surnom.

Anecdotes :

Avant de choisir The Living Daylights, Fleming avait originellement intitulé sa nouvelle Trigger Finger.

Pour ses recherches, Fleming a contacté le Captain E.K. Le Mesurier, secrétaire du National Rifle Association à Bisley, afin d’avoir des informations sur les tirs avec fusils de précisions.

Avant d’être incluse dans le recueil Meilleurs vœux de la Jamaïque, la nouvelle The Living Daylights fut pour la première fois publié dans le supplément couleur du numéro du 4 février 1962 du Sunday Times, sous le titre de Berlin Escape. Elle fut plus tard republiée en juin 1962 dans le magazine Argosy sous le même nom, puis dans le numéro du 2 novembre 1965 d’Intrigue Magazine, toujours sous le titre Berlin Escape.

Pour le Sunday Times, Fleming avait embauché Graham Sutherland à hauteur de 100 guinée pour qu’il créer un artwork devant accompagné la nouvelle. L’artwork ne fut finalement pas utilisé.

Douglas Bader était un chef d’orchestre à Colditz et un partenaire de golf de Fleming. En 1942, des prisonniers s’étaient enfuis de Colditz en traversant un no man’s land durant un concert de l’orchestre. Il est possible que cela ait servi d’inspiration à Fleming.

« La Gâchette » est partiellement basé sur Amaryllis Fleming, la demi-sœur de Ian, qui était une violoncelliste. D’ailleurs un passage de la nouvelle dit : « Bien sûr, Suggia arrivait à en jouer avec élégance, et aussi cette Amaryllis Machinchose ».

La nouvelle The Living Daylights a été adapté en film en 1987, Tuer n’est pas jouer. Le scénario du premier Dalton reprend ainsi très fidèlement l’intrigue de l’oeuvre originale le temps de la scène post-générique.

La Sphère d’émeraude

Synopsis :

Le SIS s’interroge lorsque Maria Freudenstein du service secret britannique, que l’on sait être en réalité une agent double du KGB, reçoit en héritage la Sphère d’émeraude (Emerald Sphere), œuvre majeure et perdue de Carl Fabergé, qu’elle va vendre aux enchères chez Sotheby’s. Ne serait-ce pas une récompense du KGB pour les renseignements qu’elle a détourné ? C’est en tout cas l’intuition de M et de James Bond, et ils pensent bien que le directeur local du KGB sera présent à la vente pour faire grimper le prix de l’enchère. L’occasion rêvée pour l’identifier et le faire expulser du pays…

Personnages principaux :

  • James Bond
  • Maria Freudenstein : agent double travaillant dans les communications au SIS, elle transmet au KGB la clé du « Code Pourpre » permettant de connaître le contenu de rapports de situations envoyés à la CIA. Elle ignore cependant qu’il s’agit d’une vaste opération de désinformation menée par les Britanniques.
  • Kenneth Snowman : joaillier d’une grande enseigne britannique, il accompagne 007 à la vente avec l’intention d’acquérir cette « Propriété d’une Dame ».
  • Le directeur local du KGB
  • Mary Goodnight

Anecdotes :

Cette nouvelle a été écrite en 1963 par Fleming pour The Ivory Hammer, la publication annuelle de la société de vente aux enchères Sotheby’s (Sotheby’s avait commandé la nouvelle à Fleming). La nouvelle est par la suite parut dans le magazine Playboy en 1964 avant d’être finalement ajoutée au recueil en 1967.

Fleming, qui n’était pas satisfait de sa nouvelle, a refusé d’empocher le payement de Sotheby’s.

Fleming avait originellement envisagé d’intituler cette nouvelle « The Diamond Egg » ou « The Fabulous Pay-Off ».

Le personnage de Kenneth Snowman s’inspire du vrai Kenneth Snowman qui était un joaillier expert en Fabergé.

La mort de Maria Freudenstein sera plus tard mentionné dans le roman L’homme au pistolet d’or (elle sera toutefois orthographiée « Maria Freudenstadt »).

La scène de la vente aux enchères de l’œuf Fabergé du film Octopussy (1983) est inspirée de cette nouvelle. Par ailleurs, le lot que Bond et Kamal Khan se disputent est nommé « Property of a Lady ».

007 à New York

Synopsis :

Envoyé à New York pour prévenir une ancienne espionne anglaise que son colocataire est un agent du KGB, James Bond est amené à songer aux hôtels, restaurants, bars de la ville ainsi qu’à la vie et à la mentalité des New Yorkais. 007 doit prendre contact avec la fille à l’extérieur de la serre aux reptiles du zoo de Central Park.

007 à New York est toutefois plus un monologue interne avec Bond, une critique de la ville à travers ses yeux, qu’une aventure pleine de rebondissements…

(*)Oeufs brouillés à la James Bond
Pour quatre personnes :
12 oeufs frais
Sel et poivre
140 à 170 grammes de beurre frais

Casser les oeufs dans un saladier. Les battre vigoureusement avec une fourchette et bien les assaisonner. Dans une petite casserole, faire fondre 115 grammes de beurre. Quand il est fondu, verser les oeufs et faire cuire à feu très doux, en battant sans s’arrêter avec un fouet à oeufs.

Au moment où les oeufs sont encore légèrement plus baveux que ce que vous ne toléreriez dans votre assiette, retirer la casserole du feu, ajouter le reste de beurre et continuer à battre pendant une demi-minute. Ajouter un peu de ciboulette ou fines herbes finement hachées. Servir sur des toasts chauds et beurrés dans des assiettes de cuivre individuelles (juste pour l’apparat) avec du champagne rosé (Taittainger) et un fond musical.

Ian Fleming
007 à New York

Personnages principaux :

  • James Bond

Anecdotes :

Avant de choisir 007 in New York, Fleming avait originellement intitulé sa nouvelle Reflections in a Carey Cadillac.

En 1963, Ian Fleming publie un récit voyages intitulé Thrilling Cities qui compile plusieurs articles sur treize villes du monde qu’il avait précédemment écrits pour le Sunday Times. La partie consacrée à New York de Thrilling Cities, très critique et risquant de déplaire aux lecteurs des USA, l’éditeur américain du livre demande à Fleming s’il peut fournir de quoi les consoler. Pour compenser ce déplaisir potentiel, Fleming refuse d’atténuer sa critique de la ville mais choisit plutôt d’écrire une courte nouvelle de Bond dont l’intrigue est très reminiscente de Thrilling Cities. Celle-ci fut d’abord publiée dans le New York Herald Tribune en octobre 1963 sous le titre de Agent 007 in New York avant de se retrouver dans la version américaine de Thrilling Cities sous son titre définitif : 007 in New York.
La nouvelle est pendant longtemps demeurée inédite en Europe, y compris en Grande-Bretagne, jusqu’au 7 novembre 1999 où elle est apparue dans le numéro 007 collector du Sunday Times. Elle a ensuite été intégrée au recueil de nouvelles Octopussy and The Living Daylights en 2002.

Les versions françaises de Octopussy and The Living Daylights et Thrilling Cities, parus sous les titres Meilleurs vœux de la Jamaïque et Des villes pour James Bond, ne contiennent pas 007 à New York. En fait, à l’exception de notre numéro Archives 007 n° 4 (février 2005) dans lequel nous l’avions traduite, cette nouvelle reste malheureusement inédite des éditions françaises des livres de Fleming (et c’est d’ailleurs la seule aventure de Bond écrite Fleming qui le soit).

Fleming était un très gros mangeur d’œufs brouillés, c’était son plat préféré. Comme il l’a dit une fois à Ernan Forbes Dennis : « Voila Ernan, les oeufs brouillés et le café. Les seules deux seules choses qui ne vous déçoivent jamais dans ce monde ». D’ailleurs dans Vivre et laisser mourir, Bond consommait tellement d’œufs brouillés que Fleming a été obligé de revoir les menus pour apporter de la variation.

L’auteur : Ian Fleming

Fleming1


Pays Principaux (Meilleurs vœux de la Jamaïque) : Autriche, Jamaïque

Pays Principaux (Bons baisers de Berlin) : Allemagne (ville de Berlin)

Pays Principaux (La Sphère d’émeraude) : Angleterre (Londres)

Pays Principaux (007 à New York) : États-Unis (ville de New York)


Articles sur le sujet

Le + de CJB : Octopussy : Fleming, la pieuvre et la rascasse Le + de CJB : Hannes Oberhauser à travers les romans

 

Guide des éditions françaises

007 à New York :

13443967_10210115796556072_146448000_n
Plus d’infos sur les éditions FR

Éditions étrangères notables

En 2008, la maison d’édition anglaise Penguin Books a édité un recueil des neuf nouvelles de Ian Fleming, soit les cinq présentes dans ce recueil et les autres de Meilleurs voeux de la Jamaïque. Ce recueil est intitulé Quantum of Solace : The Complete James Bond Short Stories.

QOS01


Berlin Escape, Argosy, 1962

Berlin Escape, Argosy, 1962

Octopussy, Playboy, 1966

Octopussy, Playboy, 1966



Laisser un commentaire


Laisser un commentaire