L’Homme au pistolet d’or – 1965

L'Homme au pistolet d'or

The Man with the Golden Gun est le douzième et dernier roman bondien de Ian Fleming, il a été publié à titre posthume au Royaume-Uni le 1 avril 1965. Le roman n’est pas aussi détaillé et poli que les autres de la série, l’auteur étant mort en août 1964. Le premier manuscrit a cependant été terminé avant la mort de Fleming, mais l’auteur n’a pas eu le temps de faire les finitions. La traduction française est parue sous le titre de L’Homme au pistolet d’or.

Synopsis

Amnésique et laissé pour mort par son service, James Bond tente de retrouver la trace de son passé. C’est dans cet état que les services secrets soviétiques lui mettent la main dessus. Conscients de l’opportunité présente, ils lui font un lavage de cerveau et le « rééduquent » dans le but d’éliminer M. 007 refait donc surface à Londres, mais il échoue à tuer son ancien chef. Après un traitement destiné à le faire redevenir lui-même, il réintègre le Secret Service, et on lui offre une chance de se racheter : il doit trouver et tuer Francisco « Pistol » Scaramanga en Jamaïque. Tireur d’élite travaillant pour le KGB et Cuba, Scaramanga est connu pour son Colt .45 plaqué or à canon long et barillet , et le fait qu’il ne rate jamais sa cible. M sait que, quelle que soit l’issue de cette mission, le service y gagne : soit 007 réussit, preuve qu’il serait bel et bien de retour, soit l’homme au pistolet d’or le tue en premier, ce qui résoudra de façon définitive le cas James Bond…

C’est ainsi qu’il est devenu une sorte de mythe local, connu sur « son territoire » sous le nom de « l’Homme au pistolet d’or », – par allusion à son arme principale, un Colt 45, plaqué or, à long canon et single-action. Il emploie des balles spéciales dont le coeur, formé d’un noyau d’or de 24 carats, est recouvert d’une enveloppe d’argent taillée en croix à la pointe, suivant le principe des balles dum-dum, pour provoquer des blessures plus graves. Fabrique lui-même ses munitions. Est responsable de la mort de 267 (Guyane britannique), de 398 (Trinité), de 943 (Jamaïque), et de 768 et 742 (La Havane), ainsi que de la mutilation et de l’invalidité de 098, officier inspecteur de la région, blessures par balles aux deux genoux. (Pour complément de références, voir le fichier général des victimes de Scaramanga à La Martinique, Haïti et Panama).

Ian Fleming
L'Homme au pistolet d'or

Personnages principaux

  • James Bond
  • Francisco (Paco) « Pistol » Scaramanga
  • Mary Goodnight : secrétaire de Bond dans les trois romans précédents, elle travaille pour le Service en Jamaïque depuis la mort présumée de Bond.
  • Felix Leiter

Un roman publié à titre posthume

Fleming a écrit L’Homme au pistolet d’or à Goldeneye durant les trois premiers mois de 1964, il a achevé son manuscrit début de mars. En raison de son état de santé défaillant, il n’écrivait plus ses usuels 2000 mots par jour, mais moins. Après avoir fini son premier manuscrit, il est retourné en Angleterre et a écrit à son éditeur de copie, William Plomer, que celui-ci avait besoin de beaucoup de réécriture. Fleming voulait le retravailler le printemps de l’année suivante en Jamaïque, mais Plomer l’en a dissuadé en lui disant que le roman était à la hauteur. Cinq mois après son retour en Angleterre, Fleming est mort d’une crise cardiaque le 12 août 1964. Dans sa nécrologie parue dans le Times, nous pouvons lire que Fleming « avait terminé et qu’il était en train de révisé un nouveau roman, L’Homme au pistolet d’or ».

Si William Plomer trouvait le manuscrit viable pour la publication, l’éditeur Jonathan Cape n’était quant à lui pas aussi optimiste et trouvait que le roman était « faible ». Cape à embauché Kingsley Amis, l’auteur de l’ouvrage The James Bond Dossier, pour avoir son avis et ses conseils à propos du récit. Amis pensait qu’il s’agissait là du pire roman de Fleming, « pas de vilain décent, pas de complot décent, […] et même pas de sexe, de sadisme ou de snobisme. […] [Un méchant] dandy avec un pistolet spécial (et inefficace) ». Amis était également préoccupé par le manque de ce qu’il appelait The Sweep Fleming, le goût de Fleming pour les détails.

Une lettre de Kingsley Amis à Tom Maschler

5th of October 1964,

Have been driving hard at The Man With The Golden Gun. I forget what if anything, we arranged about this. Anyway, you may care to glance at the enclosed list of errors, etc. My own feeling in general is that, while some kinds of error could easily be spotted by a competent reader (repetition of words, the omission of question-marks -though I may say that none of Fleming’s previous books has been thoroughly corrected for this – the ‘Adams’ mantelpiece, etc.), there are on the other hand several passages that need to be rewritten by someone with a feeling and flair for style: this is especially true of the 2½ pages of dialogue that will have to be entirely re-drafted (pp.127-129). Anyway, forgive me if some of the errors listed seem insultingly obvious.

My greatest discovery has been to spot what it is that has done most to make the book so feeble. As it stands, its most glaring weaknesses are:

i. Scaramanga’s thinness and insipidity as a character, after a very lengthy though pretty competent and promising build-up on pp. 26-35;

ii. The radical and crippling implausibility whereby Scaramanga hires Bond as a security man (p.67) when he doesn’t know him and, it transpires, doesn’t need him. This is made much worse by Bond’s suspicions, ‘there was the strong smell of a trap about’ and so on.

Now I am as sure as one could be in the circumstances that as first planned, perhaps as first drafted, the reason why Scaramanga asks Bond along to the Thunderbird is that he’s sexually attracted to him, which disposes of difficulty no. ii right away and gives a strong pointer to the disposal of no. i. I wouldn’t care to theorise about how far Scaramanga was made to go in the original draft; far enough no doubt, to take care of no. i.

At some later stage, Flemings own prudence or that of a friend induced him to take out this element, or most of it: see p.33-34, which as things are have no point whatever. He was unable to think of any alternative reason for Scaramanga’s hiring of Bond, and no wonder, since the whole point of this hiring in the first version was that it had to be inexplicable by ordinary secret-agent standards. And then he was forced to hold on to the stuff about Bond’s suspicions, and its always better to leave an implausible loose end than make your hero look a nit.

There are no doubt all sorts of reasons why we can’t have the book in its original version, the most telling of which is that it probably doesn’t exist any more, if it ever did. I could re-jig it for you, but there are all sorts of reasons against that too. But if you think you could initiate a discreet inquiry about whether there was a buggery thread at some stage, I should be most interested to learn of any confirmation for my brilliant flash of insight.

I’m sending the typescript back under separate cover. We go to Molins the day after tomorrow. Ageda inquired kindly after you. Jane and I thoroughly enjoyed your stay with us and were sorry to see you go. We send our Love.

*!Hasta la vista!
Kingsley

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Certaines des suggestions (minimes) d’Amis auraient été finalement été utilisé par Cape.

Pour Raymond Benson, l’une des faiblesses du roman vient aussi d’un manque de riches détails et de descriptions que l’on retrouve dans les autres oeuvres de Fleming, mais qui sont absents de L’Homme au pistolet d’or. Benson dit que ces détails étaient habituellement travaillés lors des révisions, choses que Fleming n’a pas eu le temps de faire pour ce roman. L’homme au pistolet d’or a été publié à titre posthume, huit mois après la mort de Fleming.

Anecdotes

L’éditeur de The London Magazine, Alan Ross, a fourni à Fleming des détails sur les effets du traitement par électrochocs que subit Bond, Fleming l’a remercié en nommant son chef de la station J, le Commander Ross. De manière similaire le secrétaire du Royal St George’s Golf Club, Mark Nicholson, prêtre son nom à un membre de la CIA : Nick Nicholson. Francisco Scaramanga s’inspire quant à lui de George Scaramanga d’Eton ; on dit que lui et Fleming se serraient battu à l’école.

Parceque le titre était proche de celui d’un roman de Nelson Algren, The Man with the Golden Arm, Fleming a imaginé deux titres alternatif au cas où cela poserait problème : Goldenrod et Number 3½ Love Lane.

L’Homme au pistolet d’or a été « adapté » en film en 1974. Cependant, le scénario du film ne reprend presque rien du livre, seulement le titre, les noms de Mary Goodnight et de Francisco Scaramanga et son pistolet d’or, quoique beaucoup plus « gadgétisé » que l’original.

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L’auteur : Ian Fleming

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Arme de service principale : Walther PPK 7,65 mm

Pays principaux : Jamaïque


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