L’Espion qui m’aimait (novélisation) – 1977

spy_who_loved_me_ver2_xlg

Le film L’Espion qui m’aimait a fait l’objet d’une novélisation par Christopher Wood, dont l’histoire reprend le scénario du film écrit par Richard Maibaum et Wood lui-même (ainsi que plein d’autres). Elle a été publiée en 1977 au Royaume-Uni sous le titre de James Bond, The Spy Who Loved Me et en France, avec une traduction de France-Marie Watkins chez Julliard (1977) puis Presses Pocket (1978) sous le titre de L’espion qui m’aimait. Il s’agit du premier film de la saga à être novélisé.

Synopsis

James Bond prend du bon temps en charmante compagnie dans un chalet alpin, mais alors qu’il s’en va, il est pris en chasse par des agents du SMERSH qui l’entraînent dans une poursuite à ski. 007 élimine l’agent Sergei Borgoz avant de se jeter du haut d’un précipice et ouvrir un parachute. Dés son arrivée au MI6, Bond est mis au courant que deux sous-marins, un britannique et un soviétique, se sont mystérieusement volatilisés.

Les forces de l’Est accusent celles de l’Ouest et vice versa. Le MI6 et le SMERSH mènent l’enquête et découvrent que ces disparitions pourraient être imputables à une tierce puissance : Sigmund Stromberg. Pour la première fois, les deux services décident de s’allier et de confier à leurs meilleurs agents le soin d’éviter une troisième guerre mondiale : James Bond du MI6 et la très séduisante Anya Amasova du SMERSH.

Bond allait plus vite qu’il ne savait skier. La descente était vertigineuse et au-dessous de lui il apercevait une plongée abrupte. Ses skis se plaquaient sur la neige en claquant comme l’avant d’un hors-bord lancé à toute allure sur une mer houleuse. Son coeur tambourinait et l’accélération croissante de sa chute presque verticale menaçait de lui arracher ses lunettes. Qu’y avait-il au-delà de cette large bouche ricanante qui s’étirait au-dessous de lui ? Dans cinq secondes il le saurait, s’il ne faisait une faute de carre qui le propulserait contre les rochers déchiquetés qui bordaient l’étroit défilé. Il s’enroula comme un ressort et puis… et puis plus rien. La neige disparut de sous ses pieds et il fut projeté dans l’espace. À des milliers de mètres au-dessous de lui un petit quadrillage de traits faits par l’homme… la ville de Chamonix. Il avait sauté du sommet de l’Aiguille de la Mort.

L'Espion qui m'aimait
Christopher Wood

Différences avec le film

Comparé aux autres novélisations bondienne, ce roman est très riche en différence :

Dans la novélisation, le SMERSH (Smiert chpionam, l’ennemi de Bond dans les premiers romans) est toujours actif et poursuit encore James Bond (bien que Fleming ait indiqué dans ses romans que cet organisme ait été dissout). Le SMERSH apparaît dès le début, au cours de la séquence du « pré-générique » dans laquelle Bond s’échappe en ski sur le sommet de l’aiguille de la Mort, un massif montagneux près de la ville de Chamonix. La novélisation explique en détail comment Bond s’est retrouvé dans le chalet avec la fille, Martine Blanchaud, qu’il a rencontré dans un casino. Après la mystérieuse mort de Fekesh, SMERSH apparaît encore une fois et capture Bond avant de le torturer en branchant une génératrice sur ses parties génitales ; cette fois pour qu’il leur donne un microfilm contenant les plans du système pouvant localiser des sous-marins (Bond s’échappe après avoir tué ses deux interrogateurs). Les membres du SMERSH de la novélisation comprennent la Bond-girl Anya Amasova et son amant Sergei Borzov (tué par Bond lors de la poursuite en ski) ainsi que le colonel général Nikitin, un personnage évoqué dans le roman Bons baisers de Russie, et qui remplace le personnage du général Gogol (absent de la novélisation). Nikitin est d’ailleurs du genre nettement moins sympathique que Gogol…

D’autres différences incluent le méchant Karl Stromberg, ici renommé en Sigmund Stromberg, l’auteur nous donne d’ailleurs sa « biographie » : né en Suède d’un père pêcheur, Stromberg a été élevé par une tante de sa mère qui n’avait pas eu d’enfant avec son mari. Il travaillait consciencieusement à l’école (on dira plus tard qu’il avait un quotient intellectuel très élevé) et s’intéressait déjà à la vie des fonds marins. Il n’était pas rare qu’il reste des heures devant un vivier d’un restaurant de la ville de Magmo, même en plein hiver. Plus grand, il a réussi à obtenir un piranha qu’il gardait dans sa chambre, sa mère adoptive n’osait pas lui poser de questions, Sigmund lui faisait peur. Quand il était contrarié, il subissait une étrange métamorphose : il rentrait ses lèvres dans sa bouche, son teint devenait pâle alors que ses yeux devenaient rouges et qu’il tremblait d’une rage silencieuse.
La nuit, Sigmund partait en quête de nourriture pour son piranha, il était essentiel pour lui qu’il soit nourri avec des animaux encore vivants… Sigmund Stromberg s’intéressait également beaucoup au travail de son oncle, un entrepreneur de pompes funèbres. Quand il a eu 17 ans, ses parents adoptifs ont trouvé la mort dans un mystérieux accident de voiture et Sigmund a repris l’entreprise de pompes funèbres qu’il a fait prospérer. Cependant il n’était honnête avec ses clients pour les crémations, dés qu’ils avaient le dos tourné, il déplaçait les corps des cercueils couteux à d’autres en contreplaqués et dépouillait avec ses employés les cadavres de leurs bijoux et dents en or avant de les expédier dans le four crématoire.
À la fin de la Seconde Guerre où presque toute la flotte marchande d’Europe avait été coulée, il déplaça son entreprise à Hambourg et (avec l’aide du Plan Marshall) il plaça son argent dans l’armement avant d’entreprendre des relations amicales avec des armateurs grecs. Ses premiers cargos firent place à des pétroliers, et à l’âge de 25 ans il était millionnaire en dollars.
Quand il comprit que le monde n’était pas gouverné pas des rois ou des présidents mais par des criminels comme la Cosa Nostra, il décida de lui-même de devenir un criminel. Un « heureux hasard » s’est produit lorsqu’une explosion a éliminé les chefs des plus grandes organisations d’Europe qui se réunissaient sur un de ses pétroliers… Trois mois plus tard, après une série de transactions complexes, Stromberg reprend les affaires d’un criminel Grec qui fut tué suite à l’explosion.

Requin a aussi le droit à sa propre « biographie » : ce dernier, de nationalité polonaise, s’appelle en réalité Zbigniew Krycsiwiki et a été arrêté lors de la répression par la police secrète d’une émeute en 1972 pendant laquelle il jetait des pavés dans les rues. Les policiers l’ont jeté dans une cellule, les mains menottées derrière le dos et s’en sont donnés à cœur joie avec leurs matraques ; réduisant ainsi sa mâchoire en bouillit. Laissé pour mort, il parvient à s’enfuir de prison en tuant quelques gardiens et rejoindre le port où il embarque clandestinement sur l’un des cargos de la flotte de Stromberg. Découvert à moitié mort par l’équipage, on prévient Stromberg qui décide de venir voir en personne le passager clandestin, intrigué par les rapports qu’il a reçus sur sa taille et son apparence. Pour Stromberg, la laideur de Krycsiwiki était séduisante, il y voit là une créature qui aurait plus venir des profondeurs les plus obscures de l’océan. C’est ainsi que Stromberg prit contact avec un ancien docteur nazi, Ludwig Schwenk, qui avait effectué plusieurs expériences macabres sur des cobayes humains. Celui-ci s’intéressa au cas de Zbigniew Krycsiwiki et lui fit implanter une mâchoire d’acier après quatorze opérations. Sacrifice indispensable pour la faire fonctionner : celle-ci est reliée aux cordes vocales de Requin ; il lui est donc ainsi impossible de parler.

La Lotus Esprit est quant à elle rouge (comme dans Rien que pour vous yeux) et Requin se trouve dans l’hélicoptère pendant la poursuite. Il est également expliqué comment 007 arrive à passer son Walther PPK dans les aéroports, les personnages de Sheikh Hosein et de Naomi n’existent pas dans la novélisation. Bond poursuit Stromberg sur le Liparus en feu et Requin reste fixé à l’aimant lorsque le requin arrive (dans le film Bond le relâche dans le bassin) et se fait manger par l’animal. La secrétaire de Stromberg s’appelle Kate Chapman.

Personnages principaux

  • James Bond
  • Sigmund Stromberg
  • Anya Amasova
  • Jaws (VO et VF), de son vrai nom Zbigniew Krycsiwiki. (Plus connu par les fans français sous le nom de Requin).
  • Nikitin

Anecdotes

Lorsque Ian Fleming a vendu les droits d’adaptations de ses romans à Harry Saltzman et Albert R. Broccoli, il ne leur donna pas l’autorisation d’utiliser l’intrigue et les personnages de L’espion qui m’aimait (Motel 007) ; seulement le titre pouvait être utilisé. Dans la mesure où le scénario du film n’avait donc absolument rien à voir avec le roman original, EON Productions a autorisé, pour la première fois, qu’une novélisation basée sur le script d’un film de Bond puisse être écrite. L’agent littéraire de Ian Fleming, Peter Janson-Smith, a déclaré : « Nous n’avions pas la main dessus [les novélisations de Christopher Wood], nous avons dit aux gens du cinéma que nous allions exercer notre droit légal de gérer les droits des livres. Ils ont choisi Christopher Wood parce qu’il était l’un des scénaristes [du film] à l’époque, et ils ont décidé de son salaire. Nous avons eu nos instructions à ce sujet, mais à partir de là, ces livres basés sur des films sont devenus comme tout autre roman de Bond – nous contrôlions les droits de publication ».

Pour ce projet de novélisation, Christopher Wood avait carte blanche, « aucune restriction ».

Le titre James Bond, The Spy Who Loved Me a été probablement choisi pour éviter la confusion avec le roman de Fleming.

L’Espion qui m’aimait est souvent considéré par les fans comme la meilleure novélisation de James Bond. Son style est très « Flemingien ».

Le film L’espion qui m’aimait était le Bond préféré de Christopher Wood.

L’auteur : Christopher Wood

80009854_Christoph_3481397b


Arme de service principale : Walther PPK

Voiture : Lotus Esprit

Pays principaux : France (Alpes), l’Égypte et l’Italie (Sardaigne).


Articles sur le sujet

Le + de CJB : Les novélisations de Christopher Wood

Guide des éditions françaises

Plus d’infos sur les éditions FR

Éditions étrangères notables


THE SPY WHO LOVED ME



Laisser un commentaire


Laisser un commentaire