Goldfinger – 1959

Goldfinger

Goldfinger est le septième roman bondien de Ian Fleming, il a été publié au Royaume-Uni le 23 mars 1959. La traduction française est d’abord parue sous le titre de Opération Chloroforme avant de prendre le titre Goldfinger.

Synopsis

Par le plus grand des hasards après une opération au Mexique, James Bond est chargé de trouver comment Auric Goldfinger s’arrange pour tricher au canasta et ainsi soutirer des sommes d’argent phénoménales à ses partenaires dans un hôtel de Miami. Mais il ne se doute pas encore à quel homme il fait face : Goldfinger est l’homme le plus riche du Royaume-Uni, considéré comme un trafiquant d’or international par la Banque d’Angleterre ainsi que le trésorier probable du SMERSH par les services secrets. Alors qu’il se voit assigner à l’enquête sur ce monsieur Goldfinger, 007 découvre que son domestique Oddjob maîtrise aussi bien le karaté que le lancé de chapeau, et l’audacieux plan de Goldfinger : l’Opération Grand Slam…

– Monsieur Bond, les gens de Chicago ont un proverbe qui dit ceci : la première rencontre est un concours de circonstances, la deuxième une coïncidence, la troisième une déclaration de guerre. Il y eut d’abord Miami, ensuite Sandwich, et enfin Genève. Je crois qu’il est grand temps de vous extorquer la vérité.
Les yeux de Goldfinger passaient lentement la tête de Bond.
– Oddjob. La chambre de pression.

Ian Fleming
Goldfinger

Personnages principaux

  • James Bond
  • Auric Goldfinger
  • Tilly Masterson : elle cherche à se venger de Goldfinger pour le meurtre de sa soeur.
  • Pussy Galore : chef des Cement Mixers, un gang de Harlem composé uniquement de femmes. Elle est lesbienne.
  • Oddjob (VO), Bon-à-tout (VF) : domestique coréen et quasiment-muet de Goldfinger, qui utilise sa maîtrise du karaté ainsi que son chapeau melon pour abattre les ennemis de son employeur.
  • Felix Leiter, ex de la CIA maintenant au compte de l’agence Pinkerton et ami de Bond.
  • Jill Masterson : elle se défini comme la « compagne » de Goldfinger, elle sera tuée par ce dernier pour sa trahison en recouvrant entièrement son corps d’or.

Traduction française

La traduction française de J.-F. Crochet omet notamment un passage sexiste/homophobe de l’oeuvre original que voici :

Bond était venu à la conclusion que Tilly Masterton était une de ces filles dont les hormones s’étaient retrouvés mélangés. Il connaissait bien le type et pensait qu’elles et leurs homologues masculins, étaient une conséquence directe pour avoir donner le droit de vote aux femmes et l’« égalité des sexes ». En raison de cinquante années d’émancipation, les qualités féminines étaient en train de mourir ou d’être transférés aux mâles. Des tarlouzes des deux sexes étaient partout, pas encore complètement homosexuel, mais confus, ne sachant pas ce qu’ils étaient. Le résultat était un troupeau d’inadaptés sexuelles malheureux, stérile et pleins de frustrations, les femmes veulent dominer et les hommes avoir une nounou. Il était désolé pour eux, mais n’avait pas de temps pour eux.

Ian Fleming
Goldfinger

Si cette coupure est (très relativement) compréhensible, qu’en est-il du passage où l’Aston Martin DBIII devient enfaîte une Jaguar dans la VF ?

The car was from the pool. Bond had been offered the Aston Martin or a Jaguar 3.4. He had taken the DBIII. Either of the cars would have suited his cover – a well-to-do, rather adventurous young man with a taste for the good, the fast things of life. But the DB III had the advantage of an up-to-date triptyque, an inconspicuous colour – battleship grey – and certain extras which might or might not come in handy. These included switches to alter the type and colour of Bond’s front and rear lights if he was following or being followed at night, reinforced steel bumpers, fore and aft, in case he needed to ram, a long-barrelled Colt .45 in a trick compartment under the driver’s seat, a radio pick-up tuned to receive an apparatus called the Homer, and plenty of concealed space that would fox most Customs men.

Ian Fleming
Goldfinger

La Jaguar dont Bond disposait avait été spécialement mise au point dans le garage de l’I.S. Grâce à un dispositif spécial, le chauffeur pouvait, à volonté, changer la couleur de ses feux avant et arrière. C’était extrêmement efficace, la nuit, lorsqu’on était poursuivi, ou que l’on poursuivait soit même quelqu’un. Les pare-chocs d’acier avaient été renforcés et un Colt 45 à canon long était dissimulé dans une cachette spéciale, sous le siège du chauffeur. En outre, la voiture était équipée d’un appareil récepteur, régler pour recevoir des signaux en provenance d’un émetteur-vibreur. Un triptyque parfaitement à jour se trouvait en permanence dans le véhicule.

J.-F. Crochet
Traduction française de Goldfinger

Dans la pratique de nombreux petits passages de ce roman (et des autres) sont passés à la trappe dans les traductions françaises. Concernant Opération Chloroforme, traduit par Jerry Hall pour les éditions Presses internationales, il y a aussi des coupures. Et Chose assez étrange, durant la partie de golf il n’y a pas d’échange de balle… Goldfinger qui perdu la sienne veut la remplacer par une qu’il a en poche, mais comme le caddy de Bond le regarde, il ne parvient pas à tricher et rate le trou suivant. En revanche, bon point, Odjobb s’appelle bien Odjobb et non pas « Bon-à-tout » et il y a les descriptions des chefs de gangs.

Anecdotes

Avec un manuscrit original de 270 pages, il s’agit du roman le plus long de Fleming.

Pour le personnage d’Auric Goldfinger, Ian Fleming se serait inspiré d’un de ses voisins du Hampstead, à Londres, l’architecte Ernõ Goldfinger. Détestant le style moderne du hongrois marxiste et plus particulièrement sa maison personnelle au 2 Willow Road, l’auteur se serait donc « vengé » d’une certaine façon en faisant de l’architecte le méchant du roman. Un ami golfeur de Fleming, John Blackwell, connaissait d’ailleurs la femme de Ernõ, Ursula Goldfinger. C’est lui qui lui rappela le nom de Goldfinger. Quand Ernõ Goldfinger lut un exemplaire du nouveau roman de Fleming, il ne fut pas content et menaça d’intenter un procès. Fleming a alors pensé a insérer une page au roman qui rebaptiserait son vilain en « Goldprick », un nom qui lui avait été suggéré par son ami Cyril Connolly et qui peut être traduit par « connard en or ». Finalement l’affaire fut réglée après que Jonathan Cape ait payé l’architecte, accepté de bien utiliser le prénom d’Auric et de rajouter aux éditions futures du roman une note indiquant que tous les personnages présents sont purement fictifs. De plus Ernõ a reçu 6 exemplaires du livre. Après la sortie du film, Ernõ Goldfinger a reçu plusieurs coups de téléphone au milieu de la nuit de gens qui lui chantaient le Bond Theme ou encore qui lui disait « Goldfinger ? C’est l’agent 007 » en imitant l’accent de Sean Connery.
Mais Ernõ Goldfinger ne fut pas la seule source d’inspiration pour le vilain, il y a avait aussi Charles W. Engelhard qui avait créé la société Precious Metals Development Company et qui contournait de nombreuses restrictions à l’exportation de lingots d’or. Fleming l’avait rencontré en 1949.

La mort de Jill Masterson par « suffocation » par la peinture dorée est scientifiquement discutable.

Cazenove-as-BondEn 1973, la BBC sort un épisode de Omnibus intitulé The British Hero, il s’agit d’une sorte de documentaire consacrée au James Bond littéraire. Des scènes de certains romans sont pour l’occasion recrées avec Christopher Cazenove dans le rôle de James Bond. Il s’agit de la scène de la scie circulaire de Goldfinger et du passage où Bond escalade le Queen Elizabeth avant de s’introduire dans la cabine où Wint et Kidd torturent Tiffany Case (Les diamants sont éternels). Si programme n’est malheureusement visionnable nulle part, il n’est cependant pas perdu puisqu’il a été rediffusé au National Film Theatre en 2003 en compagnie de John Glen, Zena Marshall, John Gardner et Phil Maheux à l’occasion des cinquante ans du Bond littéraire. Ci-contre se trouve la seule image connue…

En 2014, une Aston Martin DB 2/4 de 1954 a été mise aux enchères. Cette dernière possède quelques options intéressantes comme des pare-chocs en acier renforcé, des cachettes secrètes, un système d’allumage anti-interférences, un système de radio entre les sièges, ou encore un système « Halda Speed Pilot » permettant de calculer le temps et la distance par rapport à une vitesse moyenne présélectionnée. Des gadgets que l’on trouve en partie sur la DB III du roman Goldfinger… Durant les recherches qui ont été menées pour découvrir l’histoire de cette Aston, il fut découvert qu’il s’agissait d’une voiture de rallye et que le propriétaire se rendait régulièrement dans Kent à Hope Bay Studio chez le peintre Dennis Ramsay et sa femme… qui se trouvaient être les voisins de Ian Fleming.
Selon Top Gear, un fan a aussi écrit à Fleming pour lui suggérer de Bond au volant d’une « machine descente » et lui a suggéré une Aston Martin, et a plus précésément mentionné une DB3S.

Goldfinger fut adapté en film en 1964. À l’exception de légères différences comme les méchants qui réussissent à pénétrer dans Fort Knox ou encore la mort prématurée de Tilly Masterson, le scénario du film reste très fidèle à l’oeuvre originale.

L’auteur : Ian Fleming

Ian Fleming, Sean Connery et Shirley Eaton sur le tournage de Goldfinger

Ian Fleming, Sean Connery et Shirley Eaton sur le tournage de Goldfinger


Titre de travail : The richest man in the world

Voiture : Aston Martin DB III

Arme de service principale : Walther PPK 7.65 mm

Pays principaux : État-Unis, Angleterre, Suisse, France


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