Bons baisers de Russie – 1957

From Russia, With Love ou From Russia with Love est le cinquième roman bondien de Ian Fleming, il a été publié au Royaume-Uni le 8 avril 1957. La traduction française est d’abord parue sous le titre de Échec à l’Orient-Express avant de finalement prendre le titre Bons baisers de Russie.

Synopsis

SMERSH signifie « mort aux espions » et il n’y a pas d’autre agent secret qu’ils voudraient le plus tuer au monde que James Bond. C’est ainsi que le chef de la section T (Turquie), Darko Kerim, est contacté à Istanbul par un prétendu officier du chiffrement soviétique, la séduisante Tatiana Romanova. Cette dernière lui fait part de son projet de passer à l’Ouest. En guise de laissez-passer pour le Royaume-Uni, Tatiana promet d’amener avec elle le Spektor, une machine à coder russe, mais elle impose une condition : que ce soit l’agent James Bond, dont elle prétend être tombée amoureuse en voyant une photo de lui dans les archives, qui vienne en personne l’aider à rejoindre Angleterre.

M ainsi que 007 cherchent ce que les Russes peuvent gagner dans cette partie, mais acceptent tout de même de relever ce défi, car après tout le Spektor en vaut bien la chandelle. Mais ce qu’ils ignorent tous, c’est que derrière cette mission se cache une conspiration du SMERSH visant à éliminer définitivement 007, et pour cela l’épouvantable organisation russe peut compter sur un de ses assassins les plus sinistres, Red Grant…

— Vous connaissez le nom je pense, mon vieux ?
SMERSH ! Telle était la réponse – la pire de toutes ! Et cet homme était leur chef tueur. Bond se rappela la lueur rouge qui avait brillé dans les yeux opaques. Un tueur. Un psychopathe. Manie dépressive, probablement ! Un homme qui aimait vraiment cela. Quel outil précieux SMERSH avait trouvé !

Ian Fleming
Bons baisers de Russie

Personnages principaux

  • James Bond
  • Donovan « Red » Grant : chef exécuteur de SMERSH
  • Tatiana « Tania » Romanova : caporal de la Sécurité d’État qui se voit être assigné au SMERSH.
  • Darko Kerim (en VO), Bruno Kerim (en VF) : chef de la section Turc du SIS
  • Colonel Rosa Klebb : chef d’Otdyel II, le département de SMERSH chargé des opérations et exécutions
  • René Mathis : agent du Deuxième Bureau
  • Kronsteen : chef du Planning Department de SMERSH
  • Krilencu

Anecdotes

Fleming avait originellement pensé intitulé son septième chapitre Kronsteen & Klebb au lieu de The Wizard of Ice. De même, avant de trouver The Beautiful Lure pour son huitième chapitre il l’avait d’abord pensé à The Beautiful Woman ainsi que The Beautiful Girl. Pareil pour le troisième chapitre « The Moon Killer » est devenu « The Slaughterer ». Le chapitre 5 (Konspiratsia) possède un titre alternatif dans le manuscrit : A Choice of Targets. Pour le chapitre 7 (A Labour of Love), les titres « Rosa chez elle », « Chez Rosa Klebb », « Up in Rosa’s Room » furent envisagés. Pour le chapitre 10 (The Fuse Burns), les titres The Operation Begins et Konspiratsia furent envisagés. Pour le chapitre 11 (The Soft Life), le titre The Boredom of Bond fut envisagé. Pour le chapitre 15 (Background to a Spy), le titre Background to a Man fut envisagé. Pour le chapitre 17 (Killing Time), le titre At Vavra’s Place fut envisagé.

Dans le manuscrit original, Bond ne se faisait pas empoisonner par la lame de Klebb (ce personnage s’appelait Biola ou Biela Klebb et non Rosa dans certains passages), il réussissait à la maintenir au mur avec la chaise. Les hommes de Mathis l’amenaient : « Les deux hommes empaquetaient la femme qui ronflait maintenant dans le panier puis fermaient le couvercle et Rosa Klebb, réduits d’une sorte de spectre exorcisé à un paquet de linge sale bossu commençait son voyage vers l’inquisition au cours de laquelle, par ordre personnel de M, les méthodes traditionnellement humaines du service étaient pour une fois radicalement mises de côté ». Après cela, Mathis parlait à Bond, « Et la fille ? », et le manuscrit se terminait ainsi : « mis à part qu’elle soit la plus belle fille à Paris, il se trouve aussi qu’elle est la plus belle fille du SMERSH ».

Toujours dans le manuscrit original, à la fin du chapitre neuf, Tatiana Romanova ne sortait pas de son entretient avec de Klebb en panique. Au lieu de cela, le chapitre se terminait avec Klebb assise sur le canapé et faisant des gestes pour que Tatiana vienne s’asseoir à côté d’elle, en lui disant qu’elles devraient mieux faire connaissance…

Avant de choisir Donovan Grant, Fleming avait originellement nommé ce personnage « Donegal Grant » dans son manuscrit. Il était également surnommé « Kurt Granitski » (au lieu de Krassno Grantitski). (« Red Grant » est aussi le nom d’un batelier avec qui Fleming avait navigué sur le Rio Grande en Jamaïque).

La fin de Bons baisers de Russie est aussi perturbante qu’inattendue, elle nous fait penser que Bond est probablement mort. Fleming voulait-il vraiment tuer Bond ? Il se trouve que l’auteur commençait à « en avoir marre de Bond » comme il l’écrit à Raymond Chandler. Mais lorsqu’un fan lui a écrit pour demander ce qu’il était advenu de Bond peu après la publication du roman, Fleming lui a répondu de ne pas s’inquiéter et que si Bond devait « partir », il le ferrait avec un « bang ». Qui plus est, la note suivante écrite par Fleming (et soi-disant placardé à la cantine du QG du Secret Service) a apparemment été publié dans New Statesman and Nation et The Times Literary Supplement en mai 1957 :

Après une période d’anxiété, l’état du n° 007 montre une amélioration nette.

Il a été confirmé que 007 souffrait d’une sévère intoxication au Fugu (un membre particulièrement virulent du groupe curare obtenu à partir des glandes sexuelles des poissons-globe japonais). Ce diagnostic, dont la responsabilité revient à la Research Department of the School de Tropical Medicine, a déterminé un traitement qui s’est révélé fructueux.

Aucun autre bulletin ne sera émi.

(Signé) Sir James Molony,
Département de neurologie,
Hôpital St. Mary,
Londres, W.2.

C’est à cette époque que Ian Fleming et Geoffrey Boothroyd, un fan des romans de Bond, commencent à échanger sur l’arme que 007 devrait utiliser. Boothroyd recommande notamment un Smith and Wesson .38 Special Centennial Airweigh. La couverture de la première édition du livre a été réalisée par Richard Chopping (ce fut d’ailleurs sa première couverture bondienne d’une longue série), et l’arme que l’on voit dessus est le S&W .38 à canon scié personnel de Geoffrey Boothroyd qu’il avait prêté à l’illustrateur. À cette époque la police enquêtait sur triple homicide au calibre .38 et a demandé à voir l’arme de Boothroyd. Fleming s’est rendu à Scotland Yard et a obtenu un délai auprès de la police pour que Chopping puisse finir son travail avant de renvoyer l’arme aux autorités. (Et évidemment il a par la suite été prouvé que l’arme de Boothroyd n’était pas liée aux meurtres).

À propos de ce roman, Fleming écrit : « Ceci a été écrit en janvier et février ’56 à Goldeneye. Le contexte russe vient surtout d’un espion réfugié soviétique appelé Tokaev – alias Tokati – un excellent homme. J’étais à Istanbul pour le Sunday Times. Darko est purement fictif […]. L’Orient Express est un train terne et sale. J’ai eu beaucoup de difficulté avec ce livre et sa couverture, peinte par Richard Chopping ». Malgré cette note, le personnage de Darko Kerim est basé sur un certain Nazim Kalkavan qu’il a rencontré à Istanbul.

La traduction des Presses internationales du roman, paru sous le titre de Échec à l’Orient-Express, omet beaucoup de passages de l’oeuvre originale. Cependant, contrairement aux nombreuses autres versions françaises (traduites par André Gilliard), à la fin de la traduction, le Beretta de Bond ne s’enraie pas mais il reste coincé dans sa ceinture. Or dans la version originale, l’arme avec son silencieux se coince bien dans la ceinture de Bond.

Le roman fut adapté en film en 1963. Mis à part le remplacement du SMERSH par le SPECTRE et la fin heureuse, le scénario du film est vraiment fidèle à celui du roman.

En 1961, le magazine Life a publié la liste des dix livres préférés du président américain John F. Kennedy, Bons baisers de Russie y est inscrit en neuvième position. Il est cependant possible que les livres de cette liste aient été choisis pour des raisons politiques plutôt que selon les goûts du Président. Quoi qu’il en soit Ian avait précédemment rencontré Kennedy (qui avait lu ses romans) et cette publication dans Life cela à permis de booster de manière significative les ventes et la popularité des romans de James Bond. Peu avant sa mort en 1963, Kennedy s’est fait projeté le film Bons baisers de Russie à la Maison-Blanche, il se dit que ce serait le dernier film qu’il ait vu avant de partir pour Dallas.

L’auteur : Ian Fleming

Ian Fleming sur le tournage de Bons baisers de Russie

Ian Fleming sur le tournage de Bons baisers de Russie


Arme de service principale : Beretta .25

Voiture : Une Bentley

Pays principaux : Turquie (Istanbul), les pays dans laquelle passe l’Orient Express (dont la France), Russie.


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